| Edito N° 60 (Mars - avril - mai 2008) | ||
« Interdire et obliger : deux perversités » « J’ai du bon tabac dans ma garçonnière … », pourront dire maintenant les jeunes - ou moins jeunes - obligés de déserter les bars et cafés désormais interdits aux fumeurs. « Bon tabac », le mot est inexact aujourd’hui, car il n’y a plus que du mauvais tabac. Car, si la nicotine est un toxique naturel, les nombreux ajouts contenus dans une cigarette le sont beaucoup plus ; ce sont eux qui ont des effets cancérigènes. Il est loin le temps où les Indiens d’Amérique utilisaient le tabac comme médicament pour soigner un grand nombre de maladies, entre autres, le tétanos ! [1] Même si encore de nos jours, les chamanes préconisent le jus de feuilles de tabac vert contre le tétanos, le tabac, en Europe du moins, est diabolisé. Déjà le pape Benoît XIII l’avait condamné, car « seul le diable pouvait donner à l’homme le pouvoir de faire sortir de la fumée par la bouche » [2]. Cette fumée est à nouveau porteuse de tous les vices et cause de tous nos maux. Belle hypocrisie que de focaliser sur le tabac pour mieux masquer tous les autres vices ! Que de drogues il faudrait alors interdire ! La prohibition sert à culpabiliser les uns et à fomenter la clandestinité lucrative pour les autres, elle ne sert en rien à régler le problème. En outre, l’argent des drogues, légales et illégales, au sens large, pervertit l’Etat jusqu’au plus haut niveau (voir l’article sur l’Arche de Zoé, p….) ; l’Etat qui ne sait que persécuter et punir au nom de la « prévention », de la « protection », de la « santé publique » et autres faux semblants. D’ailleurs, constatons que la coercition, par ses effets pervers, garantit la pérennité des bureaucraties qui l’exercent, avec tout le talent des inquisiteurs. Car « il faut au persécuteur une croyance, il faut à ses procureurs, ses gendarmes, ses délateurs, la certitude de servir une cause supérieure qui les déresponsabilise de la violence qu’ils exercent et en justifie même par avance les excès », comme le dit si bien Christian Michel [3]. La loi qui interdit ou qui oblige à suivre un choix de vie donne à certaines catégories de personnes une carte de « professionnel de la répression » dont elles usent et abusent, trouvant dans cette fonction la plus pernicieuse des gratifications : l’exercice du pouvoir sur autrui. Françoise JOËT
1 – Bernabé COBO (1580-1657), jésuite andalou ayant vécu presque toute sa vie sur le continent américain. Dans son livre « Historia del Nuevo Mundo » (1653), il consigna toutes ses observations sur la nature américaine au moment de l’arrivée des espagnols.
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