2001, odyssée du vaccin
Tout commença très bien
Par des anti-vaccins,
Tous venus du terroir,
Piaffant dans les couloirs
D'une illustre Assemblée
Encore frigorifiée.
Puis vint l'épozootie
Venue d'une île honnie.
"Le vaccin, le vaccin !"
S'écrieront tous en coeur
Eleveurs et sénateurs.
Mais ce sera en vain.
Vers la fin de l'été
Pas encore achevé
Claque un coup de tonnerre
Faisant croire à la guerre
Et secouant la torpeur
De nos vaccinateurs.
C'est qu'après BCG
On ne saurait tester
Présence d'immunité.
Une nouvelle idée ?
Que nenni mon ami,
Tout ça était compris
Depuis plus de trente ans
Et même bien avant.
Même que revacciner
N'est qu'inutilité.
Et même qu'au ministère
On entend les experts :
"Fini le BCG
Va falloir l'arrêter.
Dans dix neuf régions
D'abord nous commençons".
"Quoi, proposer cela,
Mais vous sonnez le glas !
En pays jacobin,
Mais vous n'y pensez point !
S'ils vaccinent à Paris
On doit le faire aussi
Dans la ville de Clermont
Tout aussi bien qu'à Lyon".
Puis voilà le Vhef Zen
Oussama Ben Laden
Secouant le monde entier.
Va falloir vacciner
De la cave au grenier.
C'est le chef de santé
S'écriant : "Non, non, non !
Ce serait faire les cons !
Nous avons un vaccin
Mais nous n'en ferons rien
Car ce serait bien pire,
A vouloir s'en servir,
Qu'est-ce que pourraient faire
Quelques vilains pervers".
Mais qu'en fut-il encore
Du temps de ma jeunesse,
Quand la piqûre d'alors
Se prétendait caresse ?
Combien de ces enfants
Furent chaque année blessés
Affligeant leurs parents,
Près d'eux créant l'enfer,
Certains encore traînant
Une vie de misère ? |