Le dit du Vaccin
Son père fut médecin
Et il le nomma "vaccin".
Battant seul la campagne
De plaine en montagne
Il prit le pus des vaches
Avant même qu'on ne sache
Quelle était la bestiole
Qui donnait la variole.
Tout revêtu de gloire
Et d'improbité splendide
Son successeur,
Louis Pasteur,
En un dogme solide
Obligea l'homme à croire.
Point de germe sauvage,
Du charbon à la rage,
N'échappe à sa théorie
Qui,dans son antre fleuri.
Il mit dans l'ombre Béchamp,
Traita Toussaint de méchant,
Et fortifia son empire
Sur une science de cire.
Maladie infectieuse,
De santé dévoreuse,
Par le vaccin terrassé
fit le vainqueur triompher....
D'ombre et de lumière
Car, au fond des chaumières,
Maintes Ninon pleurèrent
Leur enfant déjà en bière
Microbes et Bactéries
Qui du fol vaccin se rient,
Changeant de carapace,
Batifolant dans l'espace,
Transforment en chroniques
Les maladies basiques.
Son père fut médecin
Et il le nomma " Vaccin ".
Ses fils sont des fruits amers
qui ont pour nom " cancer ". |