Berceuse
Sur ta joue, j’ai déposé un baiser,
Puis doucement j’ai poussé le loquet,
Evitant de heurter tes jouets,
Dans le silence et l’obscurité.
Dors, mon bel enfant,
Dors, et que les songes, en passant,
Répandent sur ton front innocent
Le parfum des fleurs du printemps.
Oublie le geste du médecin
Qui voulait t’injecter du venin :
J’étais là, j’ai arrêté sa main
Et protégé tes lendemains,
Car pour toi, jamais de vaccins.
Furieux, le docteur cria :
« De rougeole il mourra ! ».
J’ai souri, mon petit chat ;
Des petites maladies tu feras
Mais fort, tu résisteras
Et plein de caresses tu auras.
Dors, mon cher ange,
Que rien ne te dérange,
Que chante dans ton cœur la mésange,
Qu’elle t’emporte au pays de l’étrange
Loin des hommes et de leur fange. |